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Les chiens loups et la solitude : impossible ?

Vuki est arrivé chez nous en juin 2019, à l’âge de 6ans. Il n’a jamais vécu en intérieur. Par tous temps il vivait dehors, dans un grand parc. Aussi nous savions qu’il faudrait passer par une phase d’apprentissage et que ce ne serait sans doute pas facile pour lui. Je vais donc raconter notre manière de faire qui pourra peut être aider au moins en donnant de l’espoir si vous rencontrez des difficultés.

Gestion de la solitude ? Anxiété de séparation ?

Pour ma part je préfère scinder les deux, même si les comportements résultants seront très souvent les mêmes. Je définirais l’anxiété de séparation comme le fait que le chien se retrouve dans une détresse émotionnelle suite au fait de se retrouver séparé de sa/ses figure(s) d’attachement. Finalement le chien même avec un copain chien ou d’autres humains peut donc présenter ces troubles (nous étions dans ce cas).
Tandis que la gestion de la solitude est tout simplement à mon sens le fait d’apprendre à rester seul, sans aucune autre présence.

Dans les deux cas on pourra observer des comportements d’alerte qui peuvent mettre sa santé et sa sécurité en jeu dans certains cas extrêmes : ne mange plus, de se repose pas, hyperventillation, augmentation du rythme cardiaque, dilatation des pupilles, anticipation du départ en changeant de comportement, vocalises (allant du sifflement/couinement aux aboiements/hurlements), la destruction de bien matériel, tentative d’évasion -gratter les portes/fenêtres-, malpropreté, et dans certains cas mutilation, …

Pourquoi cela se manifeste ?

Il y a de nombreuses raisons possibles au fait qu’un chien puisse mal gérer ce moment de séparation/solitude. Mais quelqu’elles soient, tout peut s’apprendre avec plus ou moins de facilité. Il y a en effet le facteur de prédisposition génétique mais il n’est pas le seul. Un changement de routine, un déménagement, la disparition ou l’apparition d’un nouvel être/élément, un traumatisme, etc

Comment améliorer la situation ?

J’aime dire que l’apprentissage de la solitude commence en présence de l’humain. Si dans la maison le chien réagit à chacun de nos mouvements et nous suit dans toutes les pièces de la maison (jusqu’au WC pour certains) on augmente le risque que le chien gère mal la solitude et le détachement.
Aussi nous avons travailler ces micros absences en limitant les accès à l’aide de barrières (pour enfant par exemple) dans un premier temps pour laisser la vue, puis en fermant les portes. Pas d’accès à la douche, aux chambres ou au WC ou autre pièce qu’on décide de limiter. Cela permet au chien de franchir une première étape.
Une fois cette étape validée nous avons travailler le fait de se préparer, de fermer les volets, de toucher les chaussures, de toucher les clefs pour terminer par toucher la porte etc, sans pour autant partir pour finir par dédramatiser tous ces instants.
Enfin nous avons commencer par des petits départs de très courtes durées (aller chercher le courrier par exemple) afin d’habituer le chien sur quelques minutes. Pour certains il faudra même diminuer cette étape. Pour d’autres cela pourra augmenter rapidement.
Dans tous les cas, une étape me semble validée une fois que le chien arrive à rapidement rester calme et se détendre, voire ne pas réagir.

Les petits trucs en plus qui sont tout de même indispensables

Outre répondre aux besoins quotidiens du chien (ce qui me semble juste évident pour avoir une chien serein dans sa tête), nous privilégions de faire une balade calme avant le départ (surtout si nous comptons partir plusieurs heures) pour mettre dans de bonnes disposition les chiens.
Concernant le fait de laisser ou non des jeux : je ne suis pas spécialement pour. Du moins ici cela n’a pas été concluant. Eos n’apprenait pas à se poser mais restait en constante stimulation pour, une fois le jeu fini, se retrouver seule et réaliser qu’il n’y avait plus personne ce qui l’amenait à stresser. A force elle montait en stress/excitation et finissait par uriner sur son tapis de fouille par exemple. On a donc décidé de ne plus procéder ainsi. Seul reste toujours à disposition des choses a ronger (corne, sabots) en cas de besoin dans un bac où ils ont accès quand ils le souhaitent. Mais au final ils n’en veulent pas, ils prennent l’habitude d’aller se coucher au moment du départ.
Je ne recommande pas non plus la cage FERMEE. Au mieux elle cachera le problème en obligeant le chien à ne plus s’exprimer sans pour autant lui apprendre à se détendre, au pire ça augmentera les symptômes. Attention à ne pas confondre conditionnement et bien être. L’un n’entraine pas automatiquement l’autre.
Enfin gérer l’environnement, ranger les choses le temps de l’apprentissage au moins.

En cas de problème persistants : contacter un éducateur patient et respectueux pour vous aider à comprendre ce qui coince. 

Aujourd’hui après quelques mois de travail -pas forcément régulier je l’admets au début mais nous avons ensuite amélioré tout ceci- Vuki gère parfaitement bien les absences. Nous leur disons « on revient » et tout se passe correctement.. Il n’est plus malpropre – il stressait au point de se mettre en diarrhée voire vomi-, ne cherche plus à s’attaquer à la porte. Il va immédiatement se coucher voire il s’endort. Lorsque nous partons plusieurs heures, les fois où il se relève pour vérifier à la porte sont de plus en plus rares (nous utilisons une petite caméra Dogclever pour surveiller, très utile au début pour savoir ce qu’il se passe, quand son les déclencheurs, quand revenir etc etc).

Je rajouterais qu’à ce jour je m’aide de lithothérapie (pierres agissant sur les énergies et soutenant le travail mise en place) au travers de la boutique Petstones ( code pour avec une réduction EOSVUKISTONES )



La mue : matériel, soins, …

Loin d’être un mythe, c’est un élément fort à prendre en compte si vous souhaitez adopter un chien à sous poil. Car oui vous devrez passer l’aspirateur plus souvent, secouer vos tissus plus souvent et brosser votre chien très souvent à en enlever des tapis de poils.

La mue qu’est ce que c’est ?

Le husky et le chien-loup (comme d’autres races) possèdent un sous poil leur offrant cette magnifique fourrure. Outre l’aspect esthétique, ce sous poil joue un rôle thermorégulateur (ce qui le protège aussi bien du chaud que du froid).
Deux fois par an celle fourrure est renouvelée. Cela occasionne des mues qui peuvent être spectaculaires. C’est à ces périodes que cela demande le plus « d’entretient » avec une brossage fréquent pour aider le poil mort à décoller et partir. Cette période dure approximativement 3 à 4 semaines, et parfois plus (la stérilisation peut avoir un impact considérable sur la qualité du poil et la fréquence des mues). Le reste du temps la perte de poil est réduite.
Personnellement je préfère ceci à une perte plus régulière tout au long de l’année. Cela peut paraitre anecdotique mais il est important de le préciser et le prendre en compte lorsqu’on sait que c’est une des raisons récurrentes de l’abandon de husky et autre chien de ce type.

Quel matériel utiliser ?

Nous faisions beaucoup d’erreurs excepté celle d’utiliser la furminator. Je vous déconseille ce type de brosse à crochet qui enlève certes le poil de mue mais qui surtout coupe le poil sain également. Au fil des mois/années vous risquez d’abimer totalement son pelage.
Il existe des professionnels qui on t appris à prendre soin des pelages. Aussi nous avons été à la découverte Le salon d’Izzy à Toulouse. Je vous laisserais d’ailleurs en fin d’article notre petite expérience, avec des chiens un peu interrogatifs sur ce qu’on leur faisait mais qui ont tout de même été jusqu’au bout pour profiter d’une pelage aéré, sain, d’une peau nettoyée et d’un parfum général agréable.

• Tout d’abord un brossage régulier avec des types de brosses adaptés pour respecter la qualité du poil.
Une étrille pour enlever le sous poil, le plus gros. Il s’agit d’une brosse avec une ou deux rangées de picots qui tournent sur eux-même et également qui « rentrent » sur eux-mêmes, ce qui permet de bien accrocher le sous poil.
Une Carde, une brosse carré avec de nombreux petits picots fins, accentue l’élimination de l’excédent de poil mort que l’étrille n’aura pas pu bien retirer.
Enfin un peigne en métal pour les finitions.

• Le brossage peut être complété à l’aide d’un pulseur. Ce dernier est un outil intéressant car il envoie simplement de l’air à forte puissance, ce qui enlève poussière et autres saletés ainsi que le poil mort que les brosses auraient eu du mal à enlever. Cela aère le tout mais aide aussi à sécher le poil qui garderait trop d’humidité (à l’origine de nombreux problèmes de peau). Attention tout de même, c’est un outil bruyant et le vent peut également être désagréable. Ca ne sera donc pas adapté à tous les chiens, une désensibilisation pourrait être utile. Attention aussi à ne pas le faire en excès ce qui pourrait mal influencer le cycle des mues.

Des soins particuliers ?

La plupart des chiens à sous poil ont un poil auto nettoyant qui demande peu d’entretient en terme de soin. Le lavage en excès pourrait d’ailleurs nuire à la substance grasse présente sur le poil, qui le protège et l’aide à propre et sain, mais aussi fragiliser la peau qui sera alors plus sujette à deux nombreux problèmes. Ce sont également souvent des chiens assez précautionneux qui s’adonnent à faire leur toilette, un atout naturel intéressant !

Un lavage de temps en temps peut permettre d’améliorer la qualité du poil et de la peau. En général on dit de ne pas faire plus d’une fois par mois. Pour ma part je fais en moyenne deux fois par an. J’ai choisi d’utiliser les produits de la gamme Neolupus , une boutique proposant des produits naturels, issus uniquement de plantes.

Aurélie, du salon d’Izzy, nous a permis aussi de découvrir la gamme Auju beauté que nous avons adoré, tant le poil est resté beau, propre, aéré et sent encore bon 1 mois après notre rendez vous.

N’oubliez pas également de laver régulièrement les couchages de vos animaux. Ici les plaids et les coussins sont secoués tous les jours et lavés très régulièrement.

Je vous laisse sur notre première expérience toilettage !

Le husky n’a pas de rappel : idée reçue ?

Tout propriétaire ou futur propriétaire de husky l’a forcément entendu à un moment donné : « Ne lâchez pas votre husky, ces chiens n’ont pas de rappel ». Si effectivement tous les huskies ne revenaient pas au rappel, on pourrait fortement faire ce bilan. Pourtant très nombreux sont les huskies qui vivent parfaitement en liberté, loin d’être des exceptions. Aussi comment faire pour que son husky revienne au rappel ?

Tout d’abord « faire attention aux étiquettes ». Les étiquettes sont les premières barrières qui peuvent empêcher la réussite à mon sens. Tous les primitifs sont capables de revenir au rappel à condition de faire les choses dans les règles de l’art. Tout comme n’importe quel chien car … combien de chiens de chasse, de chiens de berger, etc finissent également par partir si les choses ne sont pas bien amenées ?
Remettons tout à plat pour y voir plus clair.

Quand commencer et comment apprendre ?

Le plus tôt c’est le mieux. Votre chien âgé de deux ou trois mois n’est pas encore assez confiant et autonome pour oser partir loin seul. Vous êtes son repère de sécurité et c’est à cette période que vous pouvez aussi commencer à tisser ce lien de confiance mutuelle. Laissez le gambader librement, découvrir le monde qui l’entoure, prendre conscience de son corps, de l’environnement, mais aussi de vous. Plus un chiot/chien aura la liberté de répondre à ses besoins et ce en sécurité et en confiance, plus votre relation en sera renforcée et vos demandes seront exécutées.
Choisissez donc des endroits propices à ces apprentissages : sécurisés (pas de route à proximité ou autre danger potentiel), avec différents chemins afin de jouer sur son attention en changeant d’itinéraire sans lui dire quoi que ce soit pour qu’il apprenne à faire attention, avec des endroits où se cacher afin d’augmenter son observation et lui donner l’envie de vous retrouver via un jeu simple qui pourra se poursuivre même adulte (à adapter en fonction du chien, l’idée n’est pas de le terroriser et de le faire paniquer). Evitez les espaces trop ouverts au début où il pourrait avoir visibilité sur vous de loin et pourrait renforcer son envie de s’éloigner.

La suivi naturel et le rappel

Comme dit précédemment, le début de cet apprentissage commence à mon sens par le silence vocal. Mais rassurez vous, votre corps parle. Rappelez vous que votre chien communique essentiellement par la gestuelle et votre gestuelle communique énormément de choses.
Changer de chemin, s’écarter des choses dont on ne veut pas que notre chiot/chien s’approche, faire demi tour, se cacher, marcher lentement, s’accroupir, etc sont des indications essentielles pour votre animal.
Laissez le chien apprendre à nous suivre en parlant juste avec notre corps c’est ce qu’on appelle le suivi naturel. Et croyez moi, la plupart de mes balades aujourd’hui ne se font qu’en suivi naturel. Le seul moment ou j’utilise ma voix, c’est pour calmement féliciter mon chien quand il passe proche de moi. Pour ceux qui apprécient, une légère caresse sur le corps peut aussi faire l’affaire. Le rappel devient une demande très ponctuelle, à utiliser qu’en cas de nécessité. Aussi mon chien prend bien plus de plaisir à revenir qu’en je rappelle rarement et de manière utile que quand je le rappelle toutes les 5 minutes .. au point de lui donner envie de ne plus revenir !

Parler peu pour parler mieux

En effet à trop parler, on apprend juste à notre chien à ne plus nous écouter, à ne plus faire attention à nous, à ne plus nous surveillez : et oui puisqu’on le fait pour lui ! Et puis c’est un peu agaçant d’avoir un tourne disque qui veut tout contrôler ..
Alors une fois qu’on a bien assimilé le besoin de privilégier le suivi naturel, qu’on fait attention aux messages que notre corps renvoie, qu’on a compris que rappeler son chien tout le temps n’était pas la bonne option, etc, comment faire pour le rappel lorsqu’on en a besoin ?
Voici donc 6 aspects importants -tous les points ne seront pas évoqués- :
• Tout d’abord définir ce qu’on attend exactement de notre rappel (que le chien soit à moins d’un mètre de nous, devant nous , à coté de notre pied ? Peu importe mais il faut le définir pour que ce soit clair pour le chien. Personnellement j’attends de mon rappel que mon chien soit à moins d’un mètre autour de moi, dans la position qu’elle souhaite).
• Pour que le chien assimile plus facilement votre demande : choisissez un mot pour une action. Si vous jonglez entre « viens ici » et ensuite « viens là » puis « ici » puis « là » puis juste son nom, puis un autre mot, bref le chien peut se retrouver un peu déboussolé. Choisissez un seul mot et définissez l’action que vous souhaitez qu’il associe. Dites le calmement, de manière posée, pas besoin de crier.
• On peut commencer déjà par capturer des moments spontanés : le chien revient tout seul vers vous : soyez content avec un visage heureux, une félicitation, une caresse. Vous pouvez même en profiter pour placer votre mot de rappel durant ces actions naturelles du chien. Commencez dans des endroits peu stimulants (la maison, le jardin) avant de partir sur des lieux plus stimulants (forêt, parcs, etc).
• La gestuelle. S’accroupir, voir même s’accroupir de profil invite bien plus facilement le chien à revenir vers soi.
• Un rappel doit être un moment agréable : pour féliciter votre chien, éviter de le frictionner ou de le bloquer par un trop gros câlin qui pourrait être déplaisant, ne vous fâchez pas car il a mis du temps, ne le rattachez pas systématiquement (d’ailleurs j’ai préféré associer un autre mot à l’action d’attacher pour ma part), ne le faites pas trop durer avant de le libérer.
• Je terminerais d’ailleurs par le mot de libération. Pour éviter les chiens qui grugent à repartir trop vite, à repartir 1 mètre avant ou à vous passez à coté en continuant leur route), pensez à apprendre à votre chien a tenir une demande (encore une fois d’abord sur une seconde, puis on rallonge petit à petit) et à partir une fois le mot de libération donné (ici c’est « go »).

Nb : Si pour X raison vous ne pouvez pas lâcher en toute sécurité, pensez à investir dans une longe (10, 15, 20m) –> article sur le longe : https://wolfdistrictofeos.home.blog/category/la-longe/

La longe : un outil fort utile … à condition de s’en servir correctement

La longe : pourquoi faire ?

Souvent quand je parle de longe avec des gens, celle ci est associée au rappel « pas besoin de longe, mon chien a du rappel »
Mais la longe est elle là uniquement pour travailler le rappel ? Comment et pourquoi s’en servir ?

La longe qu’est ce que c’est ?

Tout d’abord une longe et une laisse sont deux choses différentes, et influenceront différemment le comportement du chien. En théorie une laisse ira jusqu’à 3mètre de long. Au delà c’est une longe.
Personnellement je possède deux longes : une de 5mètres que j’utilise en milieu plus « urbain » et une de 10m dans les parcs et forêts. Il en existe des plus longues encore, mais cela devient vite encombrant.
La longe c’est un outil pédagogique, une sécurisation, qui peut se montrer utile pour le rappel, mais pas que ! .
Cette sécurité permet à l’humain de se relaxer grâce à cette sécurisation lors des apprentissages. Mais elle permet également au chien d’être guidé dans des situations qui échapperont à son contrôle tout en lui laissant un possibilité de mouvement que la laisse ne permettrait pas. On peut en trouver en différents matériaux. Les deux qui me semblent « pratiques » d’utilisation sont :
• les cordes d’escladades. Elles sont résistantes. Vous pouvez alors utiliser soit des gants, soit une chambre à air qui coulissera sur la corde afin de protéger des frottements parfois violents
• les longes en biothane. Une sorte de plastique également très résistant (attention tout de même aux modèles d’attache dans le cas de chiens qui tirent fort). Plutôt léger, se nettoie facilement, simple d’utilisation.

Pourquoi s’en servir ?

Guide et sécurité, la longe ne doit pas servir à tirer ou forcer le chien à agir de telle sorte ou à prendre tel chemin (cela ne veut pas non plus dire de se laisser faire trainer par son chien notamment lors de situations périlleuses).
Notre présence est plus discrète qu’avec une laisse puisque nous pouvons nous éloigner du chien, suffisamment pour qu’il ne se sente pas oppressé par notre présence, notamment lors de situations sensibles où des choix importants doivent se faire. Cependant elle permet de garder un certain « contrôle » lors de forte montée d’excitation, lors de mauvaises présentations (chiens réactifs), lors de comportements de fuite, etc. Elle matérialise une sorte de lien, une aide artificielle pour communiquer avec son chien et ce de manière détendue. Pourquoi détendue ? Car cette distance physique que la longe nous permet d’avoir peut nous offrir un véritable recul sur une situation et nous libérer du poids d’être « coincé » physiquement parlant. On le rappelle, le stress aussi léger soit il, peut impacter les comportements canins (nous dégageons des odeurs particulières détectées par le chien, , nous nous raidissons, nos muscles se contractent, notre timbre de voix change).
La longueur de la longe peut également jouer sur le fait d’apprendre à faire confiance en observant avec du recul mais également à adopter une meilleure communication corporel. En effet la laisse, du fait qu’elle soit souvent courte, à tendance à mettre rapidement tout le monde en tension, nous entraine dans des situations statiques tendues (cependant cela peut se travailler aussi). La longe peut également être très utile dans le cadre de certaines activités (notamment les activités de pistage, où le chien dirige et l’humain en position secondaire, doit uniquement gérer le rythme).

Comment s’en servir ?

En effet une longe, il faut savoir s’en servir. Si l’humain ne fait que tenir le bout de la longe avec le chien qui tire de l’autre bout, les bénéfices disparaitront très vite. Lorsqu’on décide d’utiliser cet outil, il faut devenir acteur, s’en servir pour communiquer, transmettre des informations.
Dans un premier temps, une longe ça se tient et ça se gère. L’idée c’est pas de la laisser trimbaler de manière à ce qu’on s’emmêle les pieds dedans ou que les chiens s’emmêlent entre eux jusqu’à ce que oups « une bagarre éclate ». Certains pourront vous parler de ces chiens qui prennent les 10m d’élans pour courir comme des dingues et oups « l’humain se fait déglinguer les mains et le dos, voir une bonne grosse chute ». L’idée est donc de tenir la longe de manière à ce qu’elle ne touche pas le sol tout en restant relativement détendue, formant un léger creux.
Le surplus pourra trainer en arrière plutôt que de devoir s’en occuper et d’être préoccuper par ces boucles de longe à tenir. Et voici venir le petit moment de gymnastique, un petit coup de main à prendre mais qui simplifie encore une fois la vie.
Les doigts de la main forment un cercle afin que la longe puisse coulisser dedans. Elles peuvent alors effectuer des pressions pour ralentir le rythme mais également se serrer totalement pour bloquer le mouvement. Lorsque le chien se positionne sur la droite, la longe passe devant soi en diagonale. C’est donc la main droite qui se place en première position pour émettre des potentielles pressions, tandis que la gauche gère le surplus de longe. Le chien passe à gauche que faire ? La main gauche passe le surplus de longe par dessus la tête pour venir ensuite se positionner devant la main droite. Le chien est alors à gauche, la main gauche prendre de rôle de régulateur de rythme et la main droit gère à son tour le surplus de longe.

Je vous partage un lien d’une video réalisée par Nadine Chastang, qui explique très bien les quelques techniques à avoir.
https://www.maindanslapatte.com/2013/04/06/maniement-de-la-longe/

Encore une fois, je ne suis pas éducatrice, je partage uniquement quelques pensées, quelques visions personnelles. Si vous avez des problèmes avec votre chien, allez voir un éducateur pour qu’il puisse vous aider convenablement.
Je suis également ouverte aux conseils pour améliorer cet article, préciser des notions mal dites, etc !

Equipement et jeux d’occupations

Souvent je reçois des messages concernant le fait d’accueillir un chiot et les premières inquiétudes sont souvent :  » que dois je lui acheter pour qu’il s’ennuie pas ? ». Et première réponse qu’il me vient en tête « mais apprendre à « s’ennuyer et gérer cet état » c’est bien aussi ». Toujours rester dans la mesure. Offrir un peu de distraction mais ne pas chercher à en faire trop. Pas de panique donc, les choses simples sont souvent les meilleures !

Pour ma part voici les « jouets » du chien ! Des jouets DE chien devrais je dire. Rappelons deux/trois besoins forts chez le chien : flaire, mastication et reflexion. Aussi rien de tel que ceci pour faire plaisir à votre compagnon.

Concernant le flair, il existe plein de tutoriels pour se fabriquer des jeux d’intelligence avec 3fois rien et pour faire renifler son chien. Sinon le classique et utile tapis de flaire, où l’on peut y cacher des petites friandises tandis que le chien passera quelques minutes à utiliser sa truffe pour les trouver.

Pour satisfaire les besoins masticatoires : oreille de porc, nerf de boeuf, sabot de veau, corne de buffle, bois de cerf (ce qui nous reste car celui ci, elle l’a depuis ses deux mois !) et bois de daim et un tapis de flair.
Mais il existe plein de choses très intéressantes (racine, fromage de Yack, etc). Où les trouver ? Maxizoo, zooplus, etc …
Très tôt nous lui avons donné des choses « dures » à mâchouiller et avons éviter les choses molles types peluches etc. D’un part car ainsi elle a appris plus vite à contrôler sa morsure (avec un truc mou, elle aurait très vite pris l’habitude de serrer fort, de secouer, de déchiqueter, chose qu’on ne voulait pas particulièrement).
L’avantage aussi des choses un peu plus dures, c’est le nettoyage des dents en bonus !

Pourquoi nous ne donnons pas de jouets pouics pouics, peluche, corde, etc ? Vous trouverez des articles bien plus détaillés que le résumé que j’en ferrais ici, mais voilà quelques points principaux :
Une des raisons est citée précédemment. Il est a rajouté également les risques « physiques » : les cordes, balles de tennis, etc provoquent une usure rapide de la dentition à cause des fibres qui les composent. Certains jouets commerciaux (les jouets en caoutchouc, les os à marcher, etc) peuvent aussi être à l’origine de fortes réactions allergiques dues aux compositions de ces derniers. Les jeux de lancés notamment à répétition provoquent des lésions articulaires et squelettiques diverses (arthrose, fracture, pieds plats, ligaments, dos, etc).
Et enfin les risques « comportementaux » : les TOC. Pour ne citer que les principaux : augmentation des actes de prédation, excitation, addiction, désociabilisation, protection de ressource, plaisir de morde pour faire couiner au lieu d’apprendre que cela est un signal de douleur, etc.
Bref autant de raisons qui prouvent qu’il y a mieux à faire et à donner à son chien, notamment quand son chien peut être prédisposer à developper ce genre de comportement.

ASTUCE : votre chien se désintéresse de ses trucs à mâchouiller ? Ne lui donner pas tout le temps. Personnellement pour les choses qui finissent mangées, j’en donne un ou deux pendant les absences ou quelques instants le soir. Je les fais tourner pour ne pas qu’elle s’en lasse trop vite.
Autrement, un peu d’huile de coco dessus et tout de suite ça redevient intéressant !

Où dort Eos ?

Autre question qui revient souvent : quel panier dois je prendre ?
Je répondrais surement : comme vous voulez tant que c’est confortable et que le chien s’y sent bien ! De notre coté il s’agit d’une housse avec de la mousse dedans + deux oreillers qu’on allait jeter. Avec par dessus deux vieux plaids qu’elle aime particulièrement gratter avant de dormir en boulette. Sinon elle dort sur le canapé, sur les tapis, sur la terrasse au soleil, enfin un peu partout car elle est à l’aise partout mais ce que nous avons fait, le jour de notre emménagement, c’est que nous l’avons laissé « choisir » l’endroit ou elle se sentait le plus à l’aise pour s’endormir au calme et c’est à cet endroit que nous avons placé le coussin, son endroit juste à elle.
Je déconseillerais juste les paniers en plastique, souvent à l’origine de blessures au niveau des coudes. Et la cage, oui, à condition qu’elle soit ouverte non stop et que le sol soit confortable …

Laisse ou longe, collier ou harnais ?


Et voilà tout notre équipement. Pour certain c’est bien peu … pour d’autres beaucoup. A notre sens c’est l’essentiel.

• Un collier orange qui vient du rayon chasse de décathlon. Bien visible ce qui nous rassure un peu quand on balade en forêt (donc chasse potentielle) et résistant (pour les promenades salissantes).
• Un collier plus sympathique, acheté dans la boutique en ligne « Mars and Storm », très résistant, toujours propre bien que toujours pas lavé depuis des mois. On s’en sert plus en ville en général.
• Un harnais classique de la marque « True love » modèle « Mountain » , qu’on utilise pour le « mantrailing/pistage » et pour certaines balades collectives, surtout celles où l’on sait que ça risque d’être énergique, pour éviter les coups dans le cou. Ce harnais est simple, résistant, fin (laisse apparaitre les crêtes sur le dos) et bien adapté à la morphologie. Il dispose d’une attache dorsale et une au niveau du poitrail, utile lors de l’apprentissage de marcher sans tirer, pour avoir une aide en plus si besoin.
• Un harnais de sport, modèle « Manmat » qui vient du site « musherexpérience », que nous utilisons en randonnée. Utile s’il y a besoin de rattacher le chien et le mettre alors en traction (attention, les sports canins ne s’improvisent pas, même si on a une race « sportive ». Il vaut mieux se référer à un professionnel compétent qui vous expliquera les étapes nécessaires pour que tout se déroule au mieux).
• Une laisse trois points d’environ 3m, achetée je ne sais plus où.. mais trouvable un peu partout. Pratique pour ceux qui vivent en milieu urbain.
• Une laisse de traction, acheté sur le même site que le harnais de sport.
• Une longe de 5m en biothane, acheté sur Amazon. C’est notre « laisse » de ville, on peut lui laisser plus de longueur avec celle ci quand c’est possible.
• Une longe de 10m en biothane, acheté à Maxizoo, l’indispensable. Idéale pour tout un tas d’apprentissage en réalité.
• Un gilet jaune pour la période de chasse, acheté sur « musherexpérience »
• Une gamelle pliable et une poche à friandises en matière plastique, pratique pour le nettoyage par rapport à du tissus. Trouvé chez maxizoo.
• Une clochette, notre « GPS des pauvres » comme on dit. Utile pour la localiser dans les fourrés et éviter de faire des rappels inutiles. Attention cependant, cela peut troubler certains chiens, autant celui qui la porte que les copains de balade. Nous avons également un Gps depuis peu (initialement pour Vuki mais comme il ne part pas … de la marque Weenect. Bonne localisation et prix plus intéressant que Tractive sur le long terme).
• Une muselière « Baskerville » acheté à maxizoo, passage obligé pour les chiens qui prennent le train, voire d’autres transports en fonction de certaines villes. Le port de la muselière ça s’apprend, comme le port du harnais, comme pour tout … Pourquoi celle ci et pas une plus fine ? Et bien justement, celle ci permet au chien d’ouvrir un peu la gueule, de boire et pouvoir manger certaines chose sans gêner la respiration. Sans compter qu’en général, elle convient à tous les chiens et tient relativement bien.
• Un coussin pour travailler le fitness canin, pour muscler le petit popotin de madame, ses petites pattes, etc !
• Et enfin … oui vous avez bien vu, une corde, des balles et une peluche pouic pouic ! Et non nous ne sommes pas des menteurs, Eos ne jouent pas avec. Par contre elle travaille avec ! La distraction … les auto contrôles etc … Ceci rentre de le cadre du travail.

Et tout ceci est rangé soit dans un gros bac (ancien bac à croquette) soit sur ce super porte laisse que j’avais gagné à un concours Instagram, trouvable sur la boutique « la patte française ». Bois très épais, accrochage à un mur et le nom gravé dedans ! Bref on les remercie encore pour ce magnifique cadeau.

Et le dernier gadget qui nous sert bien (ou plutôt a bien servi) : caméra « clever dog » acheté sur Amazon pour une trentaine d’euros. Avec un grand angle, elle permet de filmer et retranscrire en direct sur le téléphone, d’entendre et de parler au chien, d’enregistrer si besoin, d’envoyer des alertes de détection mouvements et aboiements, et vision infrarouge. Petite et discrète, ça ne prend pas de place et cela nous a aidé à mieux comprendre ce qui n’allait pas à une période où mistinguette faisait un peu le loup.

Je vous épargne, les sacs à caca, la bâche et la ceinture de sécurité pour la voiture, néanmoins chose que j’aborderais dans un autre article, la composition de notre trousse de secours.
A bientôt !

Cohabitation de plusieurs espèces animales

Eos, Naxos et Kira

Quand on est passionné d’animaux, on a tous une partie de nous qui rêve de vivre dans un monde où tous les animaux seraient les meilleures amis du monde, jetant à la poubelle notamment un de leur instinct primaire : la prédation. Sauf que supprimer un instinct c’est un peu mission impossible. Néanmoins je reste une convaincue que la nature est bien faite et sait s’adapter, évoluer. Que nos conditions de vie répondant à certains besoins apportent au fil du temps certaines modifications comportementales. Aujourd’hui il n’est pas rare de voir des chats et des chiens vivre en totale harmonie voir même, passer au delà de la tolérance et développer une véritable relation complice avec des moments de jeux, etc.

Faire vivre des espèces différentes ensemble : utopie ?

Une partie de moi garde toujours une limite en me disant « est ce bien ce que je fais ? Est ce que j’en demande par trop à mes animaux ? » Car oui, leur présence n’est là que pour mon plaisir, il faut l’avouer. J’ai voulu avoir un chat, j’ai voulu avoir un chien, j’ai donc fait certaines choses pour qu’ils s’entendent et ouf, c’est arrivé. Mais si cela n’avait pas été la cas ? Est ce anormal ? Doit on pour autant tout faire pour « forcer » l’acceptation de l’un et de l’autre ? Car il y a certes d’une part les instincts mais il y a aussi le simple fait d’apprécier ou non la présence de l’autre. Et dans ce cas faudrait il forcer car « les autres ont réussi » ? N’est ce pas à nous à ce moment là d’accepter et d’adapter l’environnement pour la sécurité et le bien être de tous, plutôt que forcer la cohabitation « libre » d’individus/d’espèces qui ne s’entendent pas ? Car que ce soit avec du conditionnement « positif » ou des sanctions face aux mauvais comportements, forcer une entente c’est prendre à mon sens encore plus de risque qu’un incident se produise un jour.

Pour autant est ce une utopie ? Non je ne pense pas. Je pense que certains individus seront plus près à tolérer ou apprécier d’autres individus quelque soit leur race. Certains auront juste besoin d’apprendre à se contrôler face à l’excitation/la peur etc. Pour ma part j’ai vraiment des animaux aux tempérament prédisposés à l’entente.

Comment faire en sorte que tout se passe bien ?

Eos 1an et demi et Blue 2ans

Le premier ingrédient à garder en tête et que cela peut prendre du temps. Et que ce temps est complément variable d’un individu à l’autre. Pour ma part je vais vous raconter les étapes qu’on a suivi pour la cohabitation chien-chat (ou qu’on souhaitait suivre bien que parfois des surprises arrivent) mais qui peut s’appliquer dans la logique à n’importe quelle espèce.

Tout d’abord l’environnement .

Autant pour le chien il est recommandé de se rencontrer en terrain neutre, autant je préfère sécuriser au sein d’une maison et éviter les courses poursuite en extérieur lorsqu’il s’agit de la rencontre chien/chat.

Il faut besoin aux besoin du chat autant que celui du chien.
Un chat souhaitera :
> avoir accès à des points en hauteur pour être en sécurité et pourvoir tout observer
> pouvoir se réfugier dans des coins ou lui seul peut avoir accès
> manger en hauteur et non a même le sol, pour se sentir en sécurité
> avoir une pièce ou seul lui aura accès afin de pouvoir souffler quand et si cela sera nécessaire
>le jour de son arrivée, lui laisser une pièce unique avec litière, manger, boire, couchette pendant quelques jours le temps qu’il s’habitue à son environnement avec de rencontrer les autres individus

Les choses qui nous paraissaient dangereuses à faire et que je ne recommande pas: le mettre dans une cage et laisser le chien le renifler, le prendre dans les bras et le tendre au chien pour qu’il renifle. La fuite (que ce soit le chien ou le chat qui fuit) est une chose qui doit rester faisable en tout temps !

Les premières jours la porte était donc fermée entre le chien et le chat. Le nouveau venu (que ce soit le chien ou le chat) pouvait ainsi prendre connaissance tranquillement de son environnement, prendre ses marques etc. Sous la porte ils pouvaient commencer à se sentir.

L’étape deux a consisté à rajouter la vue tout en gardant une sécurité soit l’installation d’une barrière pour enfant. Le chat pouvait décider s’il le souhaitait, venir découvrir, mais aussi se réfugier au besoin. En fonction du chien, je rajouterais une sécurité en le mettant en laisse pour freiner ses actions s’il se montre trop excité/brusque/agressif. Le chie d’abord positionné de manière éloignée vis à vis de la barrière. Le plus éloigné possible ne réalité au début.
Dans l’idéal, les séances de prise de connaissances ne doivent pas durer trop longtemps, surtout si cela demande beaucoup à l’un ou à l’autre. Mieux vaut quelques minutes bien faites par jours que beaucoup mal réalisées.

Coté chien, s’il montait en excitation, se tendait, fixait, se mettait en prédation, ou autre, on reculait pour reprendre son calme, voir on refermait la porte. Si celui ci se montrait plutôt calme, curieux mais capable de se contrôler, on pouvait avancer doucement vers la barrière. Inutile à mon sens de parler. A la grande limite, un « tu laisses » pour aider le chien s’il n’arrivait pas à décrocher tout seul mais c’est tout. Le silence apportait le calme dont tout le monde avait besoin. Personnellement je ne félicitait même plus spécialement avec la voix, tout juste avec une caresse à la toute fin. Si tout était calme, on pouvait laisser observer, sentir, etc à proximité.

Si le chat feule ou si le chien grogne on ne dit rien, on ne punit pas, on ne tend pas la laisse, rien de rien. On invite éventuellement les deux à s’éloigner l’un de l’autre tout simplement.

Enfin si cette étape était validée, on pouvait ouvrir la barrière pour enfant. Dans le doute je gardais le chien en laisse le temps d’être sur des contacts. Les parties concernant la laisse ne sont pas obligatoire (nous ne l’avons pas fait avec Eos, nous l’avons fait avec Vuki).

Eos 3mois et Naxos 4mois

Apprendre à son chien à être calme.
Le calme sera la clef motrice d’une bonne entente. Le calme permet la réflexion, la prise de bonnes décisions et le contrôle des réponses instinctives. Aussi faites le maximum d’étape possible si vos animaux sont sensibles. Parfois les étapes vont plus vites. Personnellement cela a été le cas pour nous.
N »hésitez pas à isoler l’un ou l’autre si celui si n’arrive pas à se calmer/perd le contrôle.Permette à son animal de souffler seul et de retrouver son calme n’est pas une cruelle punition. Cela peut l’aider à revenir ensuite plus calmement.

Pour les lapins nous avons procédé de la même manière. Certains vont récompenser avec de la nourriture, par la voix ou autre. Personnellement j’ai trop peur de l’association de mauvais enchainement. Je préfère ne rien dire et me faire la plus discrète possible.
Eos pouvait être lachée avec les lapins en liberté sans soucis après plusieurs semaines/mois de travail. Vuki n’a jamais montrait signe d’intérêt pour le lapin. Il l’a même défendu contre un chien venu chez nous une fois. Mais malheureusement nos lapins sont décédés, nous ne serons jamais s’ils aurait pu tolérer leur liberté (ils vivaient la plupart du temps dans un enclos).

Minute et Eos
photo @schwipt

Apprendre à gérer la peur
Et oui, on parle d’excitation et de prédation jusqu’ici, mais avec le cheval on a eu un tout autre comportement avec Eos : la fuite face à la peur du cheval. Ma jument étant très calme face aux chiens, cela nous a grandement aidé. On a joué surtout sur l’observation, la longe de 10m en sécurité. On ne l’incitait pas à s’approchait en l’appelant (au risque aussi au passage de casser notre rappel …) ou en leurrant avec des friandises. Je m’occupais de mon cheval comme d’habitude et les premières séances n’ont été que de l’observation avec quelques rapprochements à quelques mètres. Grâce à la curiosité. Je rebondis d’ailleurs la dessus. La curiosité est un trait tellement important ! La curiosité c’est ce qui pousse à la découverte, à l’apprentissage, à la culture, à l’intelligence. Toujours interdire, toujours brider, toujours être dans le « non » plutôt qu’être dans une démarche de montrer toutes les opportunités, c’est finir par éteindre la motivation et l’envie du chien de donner le meilleur de lui. Et la curiosité était très présente chez Eos qui malgré sa peur, était curieuse de me suivre et de renifler cette grosse bestiole. Alors on récompensait le calme et le rapprochement. Des mouvements calmes également pour ne pas participer à de l’agitation inutile. On partait en balade ensemble à distance avec Cyril qui s’occupait d’Eos derrière moi, pour qu’elle puisse prendre les odeurs. Au fil du temps on a travaillé le fait qu’elle écoute mes demandes mêmes si j’étais à cheval, avec Cyril en sécurité lorsque la peur reprenait le dessus. A pied, au fil des visites, Eos a fini par renifler le cheval d’elle même (d’abord les affaires, puis les pattes, puis les naseaux, etc). Après un an de travail (plus ou moins régulier), Eos est désormais sans longe, ose aller au contact de ma jument même sans ma présence, garde une distance de sécurité que je valorise, et commence à me suivre sans problème (même si ce point reste à renforcer encore un peu pour que moi je me sente à l’aise également).

Vous l’aurez donc compris : Je ne pense pas que tous les chiens seraient capables d’autant mais je pense que tous peuvent tout de même apprendre à mieux contrôler leurs émotions et leurs comportements et je pense également que beaucoup peuvent montrer de belles choses à conditions que les étapes nécessaires à chaque individu soient respectées.

Comment offrir un cadre de vie idéal à son chien ?

Pour rappel, mes textes sont complètement vulgarisés, afin de ne pas être trop longue et d’être plus facilement comprise, aux risques parfois malgré moi de prendre des raccourcis. Mais ici nous ne parlerons pas de méthode mais nous aborderons des points qui nous sommes essentiels pour bien commencer avec son chien. Ce qui compte c’est le respect de l’éthogramme canin, donner au chien la possibilité de faire ses propres choix, et de mettre en place un savoir faire humain afin de guider son chien a choisir des comportements qui seront plus souhaitables dans notre société.

Qui dit éducation dit «  Cohérence, confiance, patience »

La cohérence est souvent l’élément magique qu’il manque dans énormément de relation. De la cohérence, de la confiance et de la patience. Sans cela, les premières tensions et incompréhensions vont très vite apparaître pour aboutir à une relation brisée. Et sans lien, que reste-t-il pour que votre chien est envie de rester chez vous ? De vous donner le meilleur de lui ?
La cohérence, c’est surement ce qui doit être mis en place dès le début. Qu’attendez vous du chien et pourquoi ? Qu’elles sont les « règles » que vous souhaitez instaurer ? Ces règles sont elles respectueuses des besoins canins ? Comment lui expliquer ces règles ? Il est assez désolant de s’extasier d’un chiot qui nous grimpe à la jambe, de le caresser et de le renforcer pour au final le sanctionner parfois sévèrement quand des mois plus tard, avec des kilos en plus, sauter dessus n’est plus si apprécié. Ou est la cohérence dans l’esprit du chien ?
« Avant c’était trop cool on me caressait et on me trouvait mignon quand je faisais ça ! Maintenant on me donne une claque quand je saute sur les invités » …Ou bien à table « il est trop mignon avec ses yeux de chiens battu, je lui donne un petit quelque chose ». Quelques minutes après «  Non ! Tu me saoules à nous coller dégages de là » en le repoussant. Logique ? Je ne trouve pas.

Les besoins canins : un contrat à remplir obligatoirement

Pas de joker possible, un chien dont les besoins ne sont pas remplis correctement, vous pouvez être sûr que ça va coincer quelque part. Alors vous pourrez avoir les meilleures friandises du monde, le meilleur jouet, vous pourrez menacer et envoyer des décharges dans son cou, peu importe, celui ci cherchera à combler ce/ces manques pour ceux qui ne sont pas trop résignés.
Si on poursuit dans cette vision du « donnant-donnant » équilibré, l’humain devra offrir aux chiens des occasions pour y répondre et ce de manière quotidienne. La plupart du temps les gens évoquent surtout le besoin de dépense physique et de jeu suivi de près par voir des copains. Mais actuellement on sait qu’il existe un certain nombre de besoins essentiels, qui souvent, ne sont pas remplis.
En voici une petite liste rapide des points majeurs :

• les besoins physiologiques

Sans doute l’incontournable si on veut que notre chien reste en vie … Manger une alimentation de qualité, boire sans restriction, faire ses besoins régulièrement, respirer, etc

• le besoin de reconnaissance

Pour être serein et équilibré, un chien a besoin de se sentir en sécurité, en confiance, dans un environnement cohérent, d’avoir des interactions, etc

• les besoins sociaux

Le chien n’est pas un animal grégaire. Il n’a pas besoin d’un groupe comme les chevaux, les moutons etc. Néanmoins c’est un animal qui a besoins d’interactions sociales, qui a besoin d’échanger et de partager régulièrement. Quand on parle de régulièrement, c’est plusieurs fois par semaine, idéalement quotidiennement, ne serait-ce qu’un bonjour canin pour ceux qui sont plus « solitaires » (et encore même les cas comme ça peuvent nous surprendre à apprécier de rares moments de partage lors de balade en groupe, quand on leur en laisse la possibilité).

• le besoin d’exploration

Le chien a besoin de nouveauté. Son sens premier étant le flaire, ce dernier se plaira à découvrir de nouveaux endroits, avec de nouvelles odeurs, régulièrement. Les balades dans le quartier, c’est très vite lassant. Les balades en laisse .. conditionnement très restreint.

• les besoins de dépenses

Il y a les muscles mais aussi les méninges. A équilibrer suivant les individus, certains auront sans doute besoin de plus de l’un que de l’autre, mais les deux sont primordiaux (les dépenses mentales sont souvent passées à la trape malheureusement). Alors c’est un équilibre à trouver entre stimulations mentales, mastication, efforts physiques, etc.

• le besoin de repos

Dans ce paquet de chose à faire, il y a aussi le besoin de faire des pauses, des coupures, apprendre à ne rien faire justement et se reposer.

Voilà donc des points essentiels à connaitre avant d’avoir un chien. Il y en a encore d’autres évidemment. Faire attention et respecter tout ceci constitue pour moi une forme d’« éducation durable ». Apprendre au chien à bien se comporter dans notre société et entre congénère. Si on met tout de suite certaines choses en place, avec douceur, si on évite de parler tel un sergent chef avec des ordres secs, si on évite de faire le tourne disque à répéter quinze fois la même chose sans même laisser le temps au chien de réfléchir et de choisir, si on évite de trop en dire verbalement, si on fait plus attention à ce que notre corps dit, si on répond aux besoins, si on explique au chien ce qu’il peut faire plutôt qu’être toujours dans la sanction de ce qu’il ne peut pas faire, si on est cohérent, si on ne menace pas ou puni pas directement, on peut obtenir de très belles choses, sans rentrer dans des relations conflictuelles. A mon sens il est plus important d’avoir un chien sociable et à l’aise (ce qui malheureusement n’est pas tout le temps le cas … je croise bien trop de chien stressé, énervés, insistants, etc ) que d’avoir un chien « obéissant ».

D’ailleurs si vous arrivez à déterminer le genre de relation que vous souhaitez construire avec votre chien, il sera plus facile de trouver des solutions logiques et il sera également plus « facile » de trouver un éducateur et/ou comportementaliste qui vous corresponde.

L’excitation chez le chien : un sujet qui pique !

Voilà un thème qui me tient beaucoup à coeur et qui je sais, ne plaira pas forcément à tout le monde. Mais l’idée ici n’est pas de plaire mais bien de sensibiliser. 

Les chiens sont des êtres vivants sujets à des émotions. Une émotion est communément vue comme une réponse adaptative à une situation à un moment t. Ils ne peuvent pas éviter d’avoir des émotions, elles sont présentes car elles ont une fonction évolutive, un sens biologique de survie. Aussi empêcher son chien d’avoir des émotions est aussi aberrant qu’empêcher un humain d’en avoir. Lorsqu’on éduque son chien , l’objectif ne devrait pas résider dans le fait de supprimer les émotions et de ne réagir à rien, mais plutôt sur le fait de reconnaitre et de savoir pourquoi elles arrivent et à terme apprendre à les gérer rapidement afin que le cerveau, le corps ne rentrent pas dans une forme de trans, dans des états échappant à tout contrôle.

Que se passe-t-il justement dans le cerveau ?

La région principale du cerveau identifiée comme déclencheur de l’émotion est l’amygdale. Les zones d’exécution des émotions sont notamment l’hypothalamus, la base du précortex et certains noyaux du tegmentum du tronc cérébral. Dans une situation reconnue (jeu, challenge, danger, menace, etc…) l’hypothalamus envoie de l’adrénaline dans le sang par l’intermédiaire des glandes médullosurrénales qui se trouvent au dessus des reins.
Il ne s’écoule que quelques fractions de secondes entre la perception d’une situation et la décharge d’adrénaline. L’adrénaline est reconnue comme l’hormone de l’adaptation au froid, à l’effort, à l’excitation, au stress en général. Ses effets sont tellement puissants que certains individus peuvent tomber dans la dépendance et sont en recherche de situations, les provoquant même, afin d’obtenir leur dose, consciemment ou non.

L’émotion a une influence directe (positive ou non) sur les mécanismes sensoriels tels que la vision, l’audition, la perception du temps, etc, et est à l’origine des plus importantes modifications sur le plan cognitif (attention, mémoire, apprentissage).

Jusqu’ici rien d’anormal, ce sont des fonctionnements naturels, qu’à priori tout être vivant est capable de mettre en place. On a donc en résumé, une « charge » c’est à dire une stimulation extérieure positive ou négative qui entraine une « tension » c’est à dire la réaction de l’organisme (sécrétion de l’adrénaline, tension musculaire etc) qui abouti à une « décharge » caractérisée par la réponse comportementale (durée en moyenne entre 2 et 4 min dans une situation correctement gérée) et enfin la « récupération » qui est un retour à l’équilibre du corps, la sécrétion de corticoïdes, etc.
L’émotion est donc directement en lien avec le comportement car elle peut tout aussi bien impulser une « tendance à l’action » que la stopper.

Mais alors pourquoi un chien qui gère mal ses émotions c’est « problématique » ?

Quand un état émotionnel dure trop longtemps, demandant donc de l’énergie constamment au corps, l’organisme fini par manquer de réserves. C’est pourquoi l’hypothalamus active les glandes surrénales pour produire des hormones comme la cortisone et les endorphines. Leur rôle est tout simplement d’extraire de nouvelles sources d’énergie dans notre organisme. Cependant le bénéfice disparait face au prolongement temporel de l’état.
La cortisone sert à calmer les réactions inflammatoires, dûes notamment à des états émotionnels intenses, mais elle peut devenir un véritable poison. Sa présence en trop grande quantité fini par affaiblir l’organisme, dont les défenses immunitaires, les globules blancs. Cette quantité peut être notamment à l’origine de l’urée, de rhumatismes, d’hypertension, de diabète, etc. Autant dire qu’en interne le corps en prend un coup. D’autant que la cortisone reste stocker dans le corps de nombreux jours !
Alors imaginons que cet état se répète plusieurs fois par semaine, par jours, par balade …

Et l’excitation dans tout ça ?

L’excitation dans sa définition standard c’est un « état d’agitation, d’énervement, d’enthousiasme, d’irritation ou d’exaltation » « État d’un individu qui est excité physiquement, sexuellement » (Larousse) . Aussi c’est un état que tous les chiens connaissent plus ou moins et de manière plus ou moins visible : on s’excite à la vue du meilleur copain, à la vue d’un bon morceau de poulet, à la vue du gibier, au contact de l’eau, des herbes hautes ou de la neige, on s’excite quand les températures commencent à piquer, on fini par s’agacer quand la fatigue arrive, etc etc.
Sauf qu’encore une fois, un état émotionnel fort pour qu’il ne soit pas néfaste pour le corps, pour l’apprentissage comportemental, pour la communication avec les autres chiens, ne doit pas durer longtemps et ne doit pas, dans l’idéal, se reproduire trop fréquemment de manière successive.

Il est certes plus rare de voir un chien en recherche de peurs intenses pour avoir sa dose d’adrénaline et de cortisone, par contre il est assez fréquent de voir des chiens dans des états d’euphorie. Et l’humain, voulant certes bien faire, pense naïvement que son chien est très heureux lorsqu’il fait « le fou fou » à courir et sauter et donc le laisse faire, beaucoup, souvent, cherche à prolonger voire aide même à provoquer des situations pouvant amener à ces états. Et voilà qu’on rentre dans le cercle vicieux, de l’animal qui, envahit par ses émotions, ne réfléchit plus, n’analyse plus, ne communique plus mais agit par automatisme, le corps et le cerveau étant dans leur « trans ».

Aussi laisser son chien s’exciter longtemps et/ou de manière répétitive, voire provoquer ces états aura des conséquences internes néfastes, mais également des conséquences externes. L’apprentissage de bons comportements ne pourra pas se faire, cela pourra même en générer de mauvais (chevauchement intempestifs pour décharger, actes de prédations, bourrinage, sauter partout et sur tout, etc) qui pourront finir par : des bagarres, des chutes violentes, des morsures non contrôlées, des chiens persécutés, etc.

Et pour finir cet article, je vais prendre des exemples pour appuyer mes propos. Des exemples vécus, des histoires qu’on m’a partagé pour en parler, etc.

Les présentations. Combien de fois j’assiste à des rencontres de chiens tenus en laisses courtes et tendues, les chiens tirant d’excitation et de frustration, et les propriétaires autorisant la rencontre en frontale tout en maintenant la tension jusqu’au dernier moment. Les chiens qui se sautent dessus, les laisses qui s’emmêlent, les chiens qui se coincent … Et combien finissent par au mieux se grogner fort dessus mais au pire, finir en accrochage voire à engendrer un comportement réactif du chien en laisse ? Bien assez pour comprendre qu’il est tend de réagir AVANT que les problèmes apparaissent.

Le jeu. « Mon chien est bourrin et adore jouer, il faut donc des copains pareil. Sinon ça plait pas aux chiens qui jouent pas. » Se rentrer dedans au point de risquer de blesser l’autre c’est donc du « jeu » ? Je ne pense pas. Et en effet le chien bourrin et harcelant restera bourrin et harcelant et finira par ne proposer que ce genre d’action à la vue d’un chien et celui d’en face aura de grandes chances de s’énerver face à ces chiens malpolis/de même races/ etc si ce genre de scène se reproduit à répétition. Ne vaut il pas mieux apprendre à son chien a respecter les autres plutôt que le laisser agir bêtement et provoquer des problèmes chez soi/chez les autres ?
Combien de chien excités finissent par faire des actes de prédations dans le jeu ? Rendant au passage mal à l’aise les autres chiens (fuite, queue entre les jambes, chien qui envoie les dents, irritabilité, etc etc). Et combien finissent par augmenter leurs morsures toujours plus, jusqu’à dans certains cas finir par trouer ? Et non ce n’est pas « du jeu », ce n’est pas « sain » et ce n’est pas « la race qui veut ça ».

La motivation. Il est à mon sens important effectivement de motiver son animal, de lui apporter des choses plaisantes. Il est aussi important d’adapter la motivation/récompense en fonction de la réaction du chien. Néanmoins beaucoup confondent motivation et excitation. Cas tout simplement visible quand les chiens répondent favorablement à la demande de leurs humains. Je ne compte plus le nombre de personnes qui félicitent à outrance avec des voix extrêmement aigues, secouant le jouet dans la gueule du chien pour lui faire « plaisir » ou le caressant de manière frénétique par friction sans observer les pupilles dilatées du chiens, l’hyperventilation et l’agitation que ces actions ont provoqués. Et un jour, sous l’excitation, une morsure, une bousculade un peu trop forte, etc. Pour certains ça sera des cas « extrêmes » mais finalement ce sont des choses qu’on observe presque tous les jours dans les parcs etc) … Tout simplement car le chien n’était plus en capacité de se contrôler et de faire attention .. état que l’humain aura provoqué, appris et appuyer de nombreuses fois.

Alors on m’a déjà répondu : « oui mais les chiens savent se comprendre entre eux » : oui et non pas tout le temps en fait. Tous n’ont pas le même âge, le même caractère, le même passé, les mêmes capacités. Et surtout tous les humains ne sont pas capables de lire correctement leur chien en laissant ce dernier être persécutant/persécuté car « il a toujours fait comme ça ».

Pour conclure, ce qui me semble important de retenir est que le chien sera comme tout être vivant, sensible à différentes émotions qui produiront différents comportements. Pour que le chien soit en capacité d’adapter ses comportements à la situation, il faut qu’il apprenne à gérer convenablement (et non pas ne plus en avoir) ses émotions pour rester maître de ses décisions. En tant qu’humain, je pense que notre rôle ici est de le guider pour l’amener à gérer plus facilement et ainsi à proposer des comportements appropriés. De plus il me semble important de limiter nos actions qui valoriseraient ces états d’excitation et prendre alors davantage le temps d’apprendre à nos chiens à être calmes et observateurs. Il me semble d’autant plus important d’agir rigoureusement lorsque son chien montre des prédispositions à être très sensible et agir ainsi.