Dans cet article je vais tenter de parler de mon expérience, ce que je trouve très important et que je referais si nous reprenions un chiot. Mais aussi ce qu’on a fait et dont on aurait pu se passer.
Le premier point réside certainement dans le choix du chien/race et de l’élevage (on peut également appliquer ceci à prendre un chiot en refuge, connaitre ses origines peut permettre de savoir et d’anticiper certains comportements). Connaitre les atavismes de la race qu’on choisi, être près à l’accompagner et être sur que cela peut correspondre à notre mode de vie et enfin vérifier les conditions de vie du chiot et tout ce qui est lié (explications dans l’article cité).
Ensuite notre chiot de 2 ou 3 mois arrive et … que faire ?

Matériel et accessoire

Les odeurs sont un bon moyen de rassurer le chiot qui va se retrouver dans un milieu totalement nouveau, avec des humains nouveaux et sans aucun repère. Alors un tissu, doudou ou autre qui aura l’odeur de sa fratrie sera sans doute un plus pour les premiers jours/nuits dans son nouveau foyer. Vous pouvez laisser un objet à l’élevage durant l’une de vos visites et le récupérer le jour où vous venez chercher votre nouveau compagnon. Vous pouvez même lui proposer une bouillotte (résistante) pour les premières nuits. Ca lui rappellera la chaleur de sa fratrie.

Un …ou des coussins ! Un coussin confortable, chaleureux qui sera le lieu où votre petit loup peut se reposer en toute tranquillité. Dans l’idéal je laisserais le chiot « choisir » spontanément l’endroit ou il apprécie se mettre pour y déposer son couchage. Ou sinon le mettre dans un coin à l’écart des passages afin que le chiot/chien puisse ne pas être dérangé (et éviter les morsures dans certains cas !)
Les premières nuits je placerais son (ou un de ses) coussin dans la chambre au pied du lit. Et chaque nuit en fonction du rythme d’apprentissage du chiot, je le déplacerais petit à petit en direction de sa place « définitive ». Cela apprendra au chiot la solitude « en douceur » sans traumatisme. Et en plus cela peut aussi vous aider à être plus réactif s’il faut le sortir en pleine nuit pour ses besoins !
Ce que je ne ferrais pas : le laisser seul dans une pièce et ignorer quand il pleure dès les premières nuits. Méthode trop brutale et parfois traumatisante pour le chiot. Mieux vaut privilégier la douceur et les étapes. De même oubliez les « pipi pad ». Mieux vaut commencer tout de suite à le sortir très régulièrement pour éviter qu’il associe que dans la maison/sur les tapis c’est ok. Et oubliez également les cages fermées !…

Collier ou harnais ? Telle est la question. Malgré que c’est un budget plus conséquent car il faudra changer souvent, je partirais tout de même sur un harnais (même d’occasion). On pense trop peu à la thyroïde de nos chiens alors que c’est un organe tellement important ! Sans parler des potentiels coups sur les cervicales du chiot qui bien entendu ne nait pas avec le manuel de la marche en laisse parfaite. Un harnais doit être parfaitement adaptée à la morphologie et ne doit jamais bloquer les articulations (donc on reste uniquement sur des modèles en X ou Y, on oublie les modèles en T). Pour cela on en trouvera sur différentes boutiques comme True love, dog Copenhagen, haquihana, junih, perfect fit, etc . Cependant si on souhaite attendre et prendre qu’un collier, prenez un collier plat.
Oubliez les outils coercitifs (collier étrangleur, torcatus, électrique. Un matériel simple et adapté qui ne gênera pas la croissance du chiot et ses apprentissages.

Laisse ou longe ? Je dirais : les deux. Mais de longueur suffisante pour que le chien puisse répondre au minimum à ses besoins fondamentaux et éviter donc de développer des comportements dits « désagréables ». Une laisse de 3m minimum, voire une petite longe de 5m dans l’idéal pour les milliers urbains et une longe de 10/15m pour dans les endroits où il sera interdit de lâcher (ou pour autre raison d’ailleurs). Je vous laisse regarder cette video extrêmement intéressante sur l’importance de la longueur de la laisse. On peut toujours raccourcir ponctuellement une laisse. Cependant si elle est courte on ne pourra pas la rallonger.
Oubliez les laisses rétractables : tension permanente et mauvaise gestion assurée en cas de rencontres. Oubliez les laisses courtes qui engendreront beaucoup de frustration et qui amèneront à des comportements qui seront pour vous « dérangeants « .

Coté jeux ? Pour ma part je trouve plus sain d’offrir des jouets proches de ce que l’animal pourrait trouver dans un milieu naturel ou qui simulerait ceci. Des jeux qui ne renforcent pas les comportements de morsures, de prédation etc. Des jeux qui satisfont calmement les besoins fondamentaux d’un chien. Donc j’oublie les cordes, les jeux de « tire », les lancers de balles ou autre, les pouic pouics, etc.
Pour ma part j’ai tout de suite laissé accès à des sabots et cornes (de daim et de cerf d’abord et maintenant de buffle également. Les tailles, épaisseurs et tendresse peuvent être adaptées). Le fait que ce ne soit pas « mou » a permis à Eos de rapidement apprendre à gérer sa morsure (car si on force trop on se fait mal aux dents …). Elle nous a également très très peu mordillé. En même temps cela satisfait un besoin masticatoire, ça nettoie les dents et ça permet de décharger un peu sur autre chose que vos mains lors de la période de pousse des dents adultes.
Pour poursuivre sur la mastication, occasionnellement donner des trucs plus sympas, plus cool, comme des oreilles de cochon, boeuf, lapin, des joues de boeuf, des nerfs de boeuf, des oesophages, des groins, etc.
Les jeux de flair sont également intéressants. Cela occupe et participe à une dépense mentale intelligente. Votre jardin ou l’allée enherbé de votre quartier peut être un formidable outil de recherche (vous pouvez disperser la ration de croquette de votre chien dans l’herbe par exemple). Vous pouvez aussi avoir des tapis de fouilles pour réaliser ceci ou bien des Kongs à fourrer. Les Licki Mat aussi sont intéressants et peuvent même être très utiles lors d’habituation ou désensibilisation au brossage ou autre. On peut aussi trouver pleins de petites activités « faites maison » pour occuper, apprendre, désensibilisation etc. Le carton et le papier peuvent devenir de véritables amis !

Eos à son élevage, 1 mois

Alimentation

Il est important de faire attention à la composition des croquettes/barf (ou autre type alimentaire) que vous donnez à votre chien. Il y a ce dont le chien a besoin et il y le coté marketing/commercial. La teneur en protéine animal (et s’assurer que les protéines soient de qualité. Viande fraiche = moins de protéine en définitive, sous produits animaux de même = mauvaise source de protéine) doit être égale ou supérieur à 35%. Et la teneur en glucide inférieur à 25%. D’autres données sont à prendre en compte mais déjà ces deux points sont super importants.
Pour le barf, ce référer aux articles en cliquant ici.

Pour ma part j’ai choisi de ne pas prendre de porte gamelle. J’ai remarqué d’ailleurs que ceux ayant des portes gamelles vraiment surélevés avaient tendance à ingérer beaucoup d’air. J’ai également choisi de prendre des gamelles en céramique et non en intox. En effet de nombreux médicaments ne doivent pas être en contact du métal, aussi avec la céramique pas de soucis. Actuellement les chiens étant au barf, seul reste une gamelle d’eau. En effet je dispose leur ration de barf sur des assiettes plates en ardoise.

Quand au fait de combien le nourrir ? Eos a été aux croquettes jusqu’à ses 5mois environ. Durant ce laps de temps on a laissé le plus possible les croquettes en libre service. On a du fractionner car … les chats lui piquaient tout ! Mais du coup on lui donnait plusieurs fois par jours pour simuler un  » à volonté ». Quitte à ce qu’elle mange plus que ce qui été indiqué, on surveillait son poids et sa croissance de l’extérieur. Ensuite on est passé au barf et donc elle avait deux/trois repas par jours, ce mode alimentaire demandant à mon sens de fractionner. Aujourd’hui adulte elle a entre 1 et 2 repas par jours, en fonction de si on fractionne en deux ou pas.
Concernant l’eau, cela devrait TOUJOURS être en libre accès, même la nuit. On ne devrait jamais toucher aux ressources vitales du chien pour l’éduquer.

Vuki bébé dans son premier élevage en Lituanie

Education

Tout d’abord, ça va être radical mais pour moi, avant les 6mois/un an du chien on devrait lui foutre le plus possible la paix. Dans le sens où je vois des chiots de moins de 6 mois « capable d’enchainer 2,3,4,5,6 tricks ». Assis, coucher, donner la patte, fait le beau, obéissance, au pied maintient de position, … C’est cool peut être pour l’humain mais je trouve ça beaucoup trop autant mentalement que physiquement pour le chiot. Je trouve cela bien dommage avec du recul. Et j’ai remarqué des grosses améliorations depuis qu’on est bien plus soft et qu’on prend bien plus le temps.
Je me suis rappelée que quand j’ai voulu avoir des animaux, c’était partager ma vie avec d’autres êtres vivants. Et donc apprendre à les connaitre en douceur et sans urgence les « modeler » de manière à ce qu’ils puissent vivre dans notre société tout en pouvant bénéficier du plus de liberté possible.
Du coup si je devais refaire, je partirais simplement sur le fait de faire rencontrer par courtes sessions progressives différents lieux, différentes situations, des gens, d’autres animaux, d’autres chiens (balades collectives encadrées et non encadrées par exemple) que j’aurais sélectionné pour qu’il apprenne à bien se comporter et c’est tout. Je le guide au besoin mais je le laisse découvrir (sans situation réelle de danger), je le laisse goutter la boue, l’eau, se rouler dans des trucs, creuser, tomber, manger des trucs, s’approcher de ce qui lui fait peur seulement s’il veut, mettre les pattes dans l’eau sans que je le force même avec des encouragements, bref, je le laisse se construire. Par la même occasion, en le suivant, en l’accompagnant, en le protégeant, en le rassurant, en l’aidant, c’est comme ça qu’on construit une super relation.
Ensuite petit à petit en voyant ses aptitudes naturels, je vais lui proposer des activités qui pourront peut être lui plaire en complément des balades. Il est endurant et crapahuteur ? Peut être de belle randonnée (à commencer à partir d’un an tranquillement pour respecter la croissance physique de son chien). Il aime pister et chasser ? Peut être du mantrailing, nosework, cavage, etc ? J’essaye cependant d’éviter les activités qui peuvent le rendre zinzin ou qui peuvent renforcer des comportements qui pourraient être dangereux dans la vie de tous les jours.
A coté de ça, dès son arrivé je peux lui apprendre à être calme et patient avec divers exercices d’auto contrôle en intérieur et en extérieur. Je peux l’habituer doucement à être manipulé et surtout à coopérer avec des bases de médical training. Je peux l’habituer en douceur à prendre la voiture et à adapter en fonction de ses réactions. Je peux l’habituer en douceur à découvrir la brosse et se laisser brosser. Je peux l’habituer à découvrir la muselière et à la porter de manière détendue. Je peux l’habituer à être attaché et détaché, à pas tirer et à adapter son rythme petit à petit, à développer son suivi naturel et aborder le rappel. Etc

Enrichissez également son environnement quotidien. Tout comme pour un enfant (d’ailleurs beaucoup d’élevages utilisent des jeux et accessoires pour enfants) disposez des objets divers et variés, colorés, de matières différents, faisant du bruit ou autre dans votre jardin, ou dans une pièce. Laissez le découvrir, faites lui chercher des friandises à proximité, cela participera à la découverte du monde et à cultiver sa curiosité.

Eos, 10 minutes après son arrivée dans notre chez nous ❤ et oui on avait pas encore tout le matériel, on voulait attendre qu’elle soit là pour tout acheter 🙂

En gros avant de penser obéissance, il y a tellement de choses à construire, des fondations pour une relation plus solide. Il y a bien assez le temps pour tout faire avant de se presser pour tout apprendre rapidement et se prendre un joli mur souvent à l’adolescence ..! Soyez patient, observez, apprenez à lire et comprendre votre chien avec sa propre personnalité, apprenez à adapter vos comportements (et c’est pas facile !) et ça sera déjà du boulot pour les premiers mois.